Livres de la Bible



Cantique des Cantiques 1

Introduction

Traditionnellement attribué au roi Salomon (cf. 1.1, ce qui situe sa rédaction au tout début de son règne, vers 970 av. J.-C.), le Cantique des cantiques a la forme d’une sorte de pièce de théâtre consacrée à l’amour. Il a souvent été interprété de façon allégorique, d’où sa lecture lors de la fête juive de la Pâque (il s’agit alors de la relation d’amour entre Dieu et le peuple d’Israël, qui l’a amené à le faire sortir d’Egypte). L’identité des divers intervenants et la répartition des répliques n’étant pas précisées dans les textes originaux, elles ne peuvent avoir qu’une valeur hypothétique.

Introduction de Matthew Henry

* Ce livre est une allégorie divine, qui représente l’amour entre Christ et son église de véritables croyants, sous des images prises de la relation et de l’affection qui existent entre un fiancé et sa fiancée ; un emblème souvent employé dans l’Écriture, pour décrire la plus proche, la plus ferme, et la plus sûre des relations: voir Psaumes 45:1-17; Esaïe 54:5,6; 62:5; Jér 2:2; 3:1 ; et aussi dans Ezéchiel, Osée, et par notre Seigneur lui-même, Matthieu 9:15; 25:1: voir aussi Apocalypse 21:2,9; Ep 5:27. On ne trouve aucune caractéristique propre à l’église de Christ, ni aucune situation dans laquelle le croyant peut être placé, mais on y trouve tout ce que d’humbles enquêteurs se donneront la peine de comparer avec d’autres Écritures, par l’assistance de l’Esprit-Saint, en réponse à leurs supplications. Il faut cependant se dire qu’une grande partie du langage a été méconnue par les commentateurs et traducteurs. Les différences entre les mœurs et coutumes d’Europe et d’Orient doivent être vraiment gardées à l’esprit. La connaissance minime des mœurs orientales que possédaient la plupart de nos anciens commentateurs et traducteurs a dans de nombreux cas empêché un compte-rendu correct. Il est clair également que les changements dans notre propre langage, durant les derniers deux ou trois siècles, affectent la façon avec laquelle certains termes sont compris, et ils ne doivent pas être jugés par des notions modernes. Mais les grandes lignes, correctement interprétées, s’accordent pleinement avec les affections et l’expérience du Chrétien sincère.

* Le titre (1). L’église avoue sa difformité (2-6). L’église supplie Christ de la conduire au lieu de repos de son peuple. (7,8) La louange de Christ envers l’église, l’estime qu’elle a pour Lui. (9-17)


1 Cantique des cantiques de Salomon.

1 Ce cantique de Salomon, appelé « Cantique des Cantiques », est bien supérieur à tous les autres, car il est totalement orienté à décrire les excellences de Christ, et l’amour entre lui et son peuple racheté.

La jeune femme

2 Qu'il m'embrasse des baisers de sa bouche! Oui, ton amour est meilleur que le vin, 3 tes parfums ont une odeur agréable. Ton nom même est un parfum qui se diffuse. Voilà pourquoi les jeunes filles t'aiment. 4 Entraîne-moi derrière toi! Courons!
Le roi m'a introduite dans ses appartements.

Les filles de Jérusalem

Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse à cause de toi! Célébrons ton amour plus que le vin! C'est avec raison que l’on t'aime.

La jeune femme

5 Je suis noire, mais je suis charmante, filles de Jérusalem, autant que les tentes de Kédar, que les pavillons de Salomon. 6 Ne prêtez pas attention à mon teint noir: c'est le soleil qui m'a brûlée. Les fils de ma mère se sont irrités contre moi et ils ont fait de moi la gardienne des vignes, mais ma vigne à moi, je ne l'ai pas gardée.

2-6 L’Église, ou plutôt le croyant, parle ici selon les spécificités de l’épouse du Roi, le Messie. Les baisers de sa bouche signifient les assurances du pardon dont les croyants sont favorisés, remplis par la paix et la joie par leur confiance, et en faisant qu’ils abondent dans l’espérance par l’autorité du Saint-Esprit. Les âmes qui ont reçu la grâce prennent le plus grand plaisir à aimer Christ, et en étant aimées de lui. L’amour de Christ est plus valable et désirable que ce que le monde peut donner de meilleur. Le nom de Christ n’est pas un onguent qui est mis sous scellés, mais c’est une onction qui est versée abondamment ; cela signifie la liberté et la plénitude du déversement de sa grâce par l’Évangile. Ceux qu’il a rachetés et sanctifiés, sont ici les vierges qui aiment Jésus Christ, et le suivent où qu’il aille. Apocalypse 14:4. Elles le supplient de les guider par les influences régénératrices de son Esprit. Le plus clairement nous discernons la gloire de Christ, le plus vivement nous ressentons que nous sommes hors d’état de le suivre convenablement, et en même temps nous sommes plus désireux de le faire. Observons la réponse rapide donnée à cette prière. Ceux-là mêmes qui attendent à la barrière de la sagesse seront conduits dans la vérité et le réconfort. Et lorsque nous serons conduits dans cette chambre, nos chagrins disparaîtront. Nous n’avons aucune joie, si ce n’est en Christ, et pour cela nous avons une dette envers lui. Nous nous souviendrons de rendre grâce pour un tel amour ; il fera une impression plus durable sur nous que toute autre chose dans ce monde. Il n’y a pas d’amour acceptable à Christ si ce n’est l’amour dans la sincérité, Ep 6:24. Les filles de Jérusalem peuvent signifier des professeurs non encore établis dans la foi. L’épouse était noire comme les tentes des nomades arabes, mais elle était belle comme les rideaux magnifiques des palais de Salomon. Le croyant est noir, car il est souillé et coupable par nature, mais il est beau, quand il est renouvelé par la grâce Divine à l’image sacrée de Dieu. Il est encore déformé par des restes du péché, mais beau puisque accepté dans Christ. Il est souvent vil et méprisable dans l’estime des hommes, mais excellent aux yeux de Dieu. La noirceur était due au dur labeur auquel elle avait été soumise. Les enfants de l’église, sa mère, étaient en colère contre elle, mais pas ceux de Dieu, son Père. Ils lui avaient fait subir des épreuves, qui l’avaient conduite à négliger les soins de son âme. C’est ainsi que sous l’emblème d’une femme pauvre, devenue la compagne élue d’un prince, nous sommes conduits à considérer les circonstances dans lesquelles l’amour de Christ est accoutumé à trouver son objet. Ils étaient de misérables esclaves du péché, dans le labeur, ou dans le chagrin, las et lourdement chargés, mais quel changement considérable quand l’amour de Christ s’est manifesté à leurs âmes !

7 Toi que mon cœur aime, révèle-moi où tu conduis ton troupeau, où tu le fais se reposer à midi! Pourquoi, en effet, serais-je comme une femme voilée près des troupeaux de tes compagnons?

Les filles de Jérusalem

8 Si tu ne le sais pas, toi la plus belle des femmes, sors sur les traces du petit bétail et conduis tes chevreaux près des abris des bergers!

7,8 Observons le titre donné à Christ: ô toi que mon cœur aime. Ceux qui font cela peuvent venir à lui courageusement, et ils peuvent plaider humblement avec lui. Y a-t-il avec le peuple de Dieu un moment chaud de la mi-journée avec ses troubles extérieurs, ses conflits intimes ? Christ leur propose le repos. Ceux dont les cœurs aiment Jésus-Christ désirent sérieusement partager les privilèges de son troupeau. D’être mises à l’écart de Christ est ce que les âmes touchées par la grâce redoutent plus que n’importe quelle autre chose. Dieu est prêt à répondre à la prière. Nous devons suivre la piste, nous enquérir du bon vieux chemin, observer les traces du troupeau, regarder ce qui a été la pratique des gens pieux. Asseyons-nous sous la direction de bons ministres ; à côté des tentes des adjoints du Berger. Apporte tes fardeaux avec toi, ils seront tous les bienvenus. Le désir sérieux et la prière du chrétien seront que Dieu le dirige de cette façon dans ses affaires terrestres, qu’il gouverne sa situation et son emploi, qu’il puisse avoir son Seigneur et Sauveur toujours devant lui.

Le jeune homme

9 C’est à une jument attelée aux chars du pharaon que je te compare, mon amie. 10 Tes joues sont charmantes avec des bijoux, ton cou est charmant avec des colliers.

Les filles de Jérusalem

11 Nous te ferons des bijoux en or avec des points en argent.

La jeune femme

12 Tandis que le roi est dans son entourage, mon nard diffuse son parfum. 13 Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe. Il passera la nuit entre mes seins. 14 Mon bien-aimé est pour moi une grappe de henné des vignes d'En-Guédi.

Le jeune homme

15 Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! Tes yeux sont des colombes.

La jeune femme

16 Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es agréable! Notre lit, c'est la verdure. 17 Les solives de nos maisons sont des cèdres, nos lambris sont des cyprès.

9-17 Le Marié présente les plus hautes louanges de son épouse. Aux yeux de Christ, les croyants sont l’excellence de la terre, ceux qui sont les plus aptes à être des instruments pour promouvoir sa gloire. Les dons spirituels et les grâces que Christ déverse sur chaque vrai croyant sont décrits ici par les ornements qui étaient alors en usage, aux versets 10,11. Les grâces des saints sont nombreuses, mais il y a dépendance de l’une sur l’autre. Celui qui est l’Auteur sera le Finisseur du bon travail. La grâce reçue de la plénitude de Christ rejaillit avec force dans de vifs exercices de la foi, dans l’affection, et la gratitude. C’est cependant Christ, et non pas ses dons, qui est le plus précieux. Le mot traduit par « troëne » représente l’expiation ou la propitiation. Christ est cher à tous les croyants, parce qu’il est la propitiation pour leurs péchés. Nul ne doit prétendre prendre sa place dans notre âme. Les croyants sont résolus à le loger dans leurs cœurs pendant toute la nuit ; pendant toute la durée des troubles de la vie. Christ prend plaisir dans le bon travail que sa grâce a opéré sur les âmes des croyants. Ceci doit encourager tous ceux qui ont été rendus saints à être vraiment reconnaissants pour cette grâce qui a rendu beaux ceux qui, par nature, étaient déformés. L’épouse (le croyant) a un regard humble, modeste, démontrant la simplicité et la pieuse sincérité ; des yeux éclairés et guidés par le Saint-Esprit, cette Colombe bénie. L’église exprime son estime pour Christ. Tu es le parfait Original, mais je ne suis qu’une copie faible et imparfaite. De nombreuses personnes sont agréables à regarder, et cependant leur tempérament les rend désagréables: mais Christ est beau, et toujours agréable. Le croyant, verset 16, parle avec la louange de ces saintes ordonnances dans lesquelles les vrais croyants sont en communion avec Christ. Que le croyant soit dans les parvis du Seigneur, ou dans l’isolement ; qu’il soit occupé à ses tâches journalières, ou confiné sur son lit de malade, ou même dans un cachot, un sens de la présence divine transformera le lieu en paradis. Ainsi l’âme, étant chaque jour en communion avec le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, prendra plaisir à une vive espérance d’un héritage incorruptible, pur, et inaltérable dans le ciel.


Texte biblique de la Bible Version Segond 21
Copyright © 2007 Société Biblique de Genève
Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.

Commentaires de Matthew Henry
Traduction française par Dominique Osché.
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