Livres de la Bible



2 Samuel 18

Introduction de Matthew Henry

* L’armée d’Absalom est battue (1-8). Absalom est tué (9-18). La grande douleur de David (19-33).


Défaite et mort d'Absalom

1 David passa en revue le peuple qui était avec lui, et il établit à sa tête des chefs de milliers et des chefs de centaines. 2 Il plaça un tiers du peuple sous le commandement de Joab, un tiers sous celui d'Abishaï, fils de Tseruja et frère de Joab, et un tiers sous celui d'Ittaï, de Gath. Puis le roi dit au peuple: «Moi aussi, je veux partir en campagne avec vous.» 3 Mais le peuple dit: «Tu ne feras pas cela! En effet, si nous prenons la fuite, ce n'est pas sur nous que l'attention se portera. Même si la moitié d'entre nous mourions, on n'y ferait pas attention, alors que toi, tu vaux autant que 10'000 d’entre nous. En réalité, il vaut mieux que tu puisses nous porter secours depuis la ville.» 4 Le roi leur répondit: «Je ferai ce qui vous paraît bon.» Puis il se tint à côté de la porte pendant que tout le peuple sortait, par centaines et par milliers. 5 Le roi donna cet ordre à Joab, à Abishaï et à Ittaï: «Pour l'amour de moi, faites doucement avec le jeune Absalom!» Tout le peuple entendit l'ordre donné par le roi à tous les chefs au sujet d'Absalom.

6 Le peuple sortit dans la campagne à la rencontre d'Israël, et la bataille eut lieu dans la forêt d'Ephraïm. 7 Là, le peuple d'Israël fut battu par les serviteurs de David; il connut ce jour-là une grande défaite en perdant 20'000 hommes. 8 Le combat s'étendit à toute la région et la forêt fit ce jour-là plus de victimes que l'épée parmi les membres du peuple.

1-8 Nous pouvons voir dans ce texte, à quel point David répond au mal par le bien ! Absalom ne cherchait qu’à frapper David, alors que ce dernier ne tendait qu’à l’épargner. Cela pourrait être en quelque sorte une image de la méchanceté de l’homme, face à la Miséricorde divine.

Maintenant les Israélites pouvaient vraiment voir les risques que l’on court en essayant de lutter contre Dieu et ceux qu’Il a oints.

9 Absalom se trouva en présence des serviteurs de David. Il montait un mulet. Le mulet pénétra sous les branches entrelacées d'un grand térébinthe et la tête d'Absalom fut prise dans le térébinthe. Il resta suspendu en l’air, tandis que le mulet qu’il montait continuait son chemin. 10 Un homme le vit et annonça à Joab: «J'ai vu Absalom suspendu à un térébinthe.» 11 Joab dit à l'homme qui lui apportait cette nouvelle: «Tu l'as vu? Pourquoi donc ne l'as-tu pas abattu sur place? Je t'aurais donné 10 pièces d'argent et une ceinture.» 12 Mais cet homme dit à Joab: «Même pour 1000 pièces d'argent je ne porterais pas la main contre le fils du roi. En effet, nous avons entendu l’ordre que le roi vous a donné, à Abishaï, à Ittaï et à toi. Il a dit: ‘Veillez chacun sur le jeune Absalom!’ 13 Si j’avais menti et l’avais tué, rien n'aurait été caché au roi. Toi-même, tu aurais pris position contre moi.» 14 Joab dit: «Je ne vais pas perdre mon temps avec toi!» Puis il prit en main trois javelots et les enfonça dans le cœur d'Absalom alors que celui-ci était encore bien vivant au milieu du térébinthe. 15 Dix jeunes gens qui portaient les armes de Joab entourèrent Absalom et le frappèrent à mort.

16 Joab fit alors sonner de la trompette et le peuple revint. Il cessa ainsi de poursuivre Israël, parce que Joab l'en empêcha. 17 Ils prirent Absalom, le jetèrent dans une grande fosse au milieu de la forêt et mirent sur lui un énorme tas de pierres. Tout Israël prit la fuite, chacun se réfugia dans sa tente. 18 De son vivant, Absalom s'était fait ériger un monument dans la vallée du roi. Il se disait en effet: «Je n'ai pas de fils pour perpétuer le souvenir de mon nom.» Et il avait donné son propre nom au monument, qu'on appelle encore aujourd'hui «monument d'Absalom».

9-18 Que les jeunes puissent considérer Absalom, pendu à un arbre ! Il était maudit, abandonné du ciel et de la terre ; que les enfants puissent voir à quel point le Seigneur aurait horreur d’une telle rébellion contre leurs parents ! Rien ne peut préserver des hommes de la misère et du mépris, sauf la Sagesse et la Grâce merveilleuses de Dieu !

19 Achimaats, fils de Tsadok, dit à Joab: «Laisse-moi courir et apporter au roi la bonne nouvelle que l'Eternel lui a rendu justice en le délivrant de ses ennemis.» 20 Joab lui dit: «Tu ne serais pas un messager de bonnes nouvelles aujourd’hui. Tu pourras l’être un autre jour, mais pas aujourd'hui, puisque le fils du roi est mort.» 21 Puis Joab dit à un Ethiopien: «Va rapporter au roi ce que tu as vu.» L’Ethiopien se prosterna devant Joab et partit en courant. 22 Achimaats, fils de Tsadok, insista auprès de Joab: «Quoi qu'il arrive, laisse-moi courir après l’Ethiopien.» Joab dit: «Pourquoi veux-tu faire cela, mon fils? Ce n'est pas un message qui te sera profitable.» 23 «Quoi qu'il arrive, je veux courir», reprit Achimaats. Joab lui dit alors: «Cours!» Achimaats courut en empruntant le chemin de la plaine, et il dépassa l’Ethiopien.

24 David était alors assis entre les deux portes de la ville. La sentinelle marchait sur le toit au-dessus de la porte, sur la muraille. Elle leva les yeux et regarda: un homme courait tout seul. 25 La sentinelle cria pour l’annoncer au roi. Le roi dit: «S'il est seul, il apporte de bonnes nouvelles.» Cet homme arrivait toujours plus près. 26 La sentinelle vit un autre homme courir. Elle cria au portier: «Voici un homme qui court tout seul.» Le roi dit: «Il apporte aussi de bonnes nouvelles.» 27 La sentinelle dit: «La manière de courir du premier me paraît être celle d'Achimaats, le fils de Tsadok.» Le roi dit alors: «C'est un homme de bien, il vient apporter de bonnes nouvelles.»

28 Achimaats cria au roi: «Tout va bien!» Il se prosterna devant le roi, le visage contre terre, et dit: «Béni soit l'Eternel, ton Dieu! Il a livré en ton pouvoir les hommes qui levaient la main contre mon seigneur le roi!» 29 Le roi demanda: «Le jeune Absalom va-t-il bien?» Achimaats répondit: «J'ai aperçu une grande agitation au moment où Joab a envoyé le serviteur du roi et moi ton serviteur, mais je ne sais pas ce que c'était.» 30 Et le roi dit: «Mets-toi là, de côté.» Achimaats recula et se tint debout.

31 Alors arriva l’Ethiopien. Il dit: «Que le roi mon seigneur apprenne la bonne nouvelle! Aujourd'hui l'Eternel t'a rendu justice en te délivrant de tous ceux qui s’attaquaient à toi.» 32 Le roi demanda à l’Ethiopien: «Le jeune Absalom va-t-il bien?» L’Ethiopien répondit: «Qu'ils soient comme ce jeune homme, les ennemis de mon seigneur le roi et tous ceux qui se dressent contre toi pour te faire du mal!»

19-32 En incitant David à remercier Dieu pour sa victoire, Akhimaats prépara le roi à recevoir la nouvelle de la mort de son fils.

Plus nos cœurs sont disposés à exprimer notre reconnaissance à Dieu pour Ses Miséricordes, plus nous devrons supporter avec patience, les afflictions que l’Ennemi nous enverra parallèlement. Certains pensent que David ne se souciait que de l’avenir éternel d’Absalom ; tout laisse à croire pourtant que les paroles du roi étaient sans équivoque. Le seul reproche éventuel que l’on puisse faire à ce dernier est d’avoir montré trop de penchants favorables pour un fils dénué de tout amour envers son père. On peut aussi critiquer l’attitude d’Absalom vis-à-vis de la justice divine. David, en tant que roi, aurait dû s’opposer à la mise en péril de la nation, plutôt que de céder à l’affection naturelle et normale pour son fils.

Les hommes les meilleurs ne sont pas toujours confrontés à des situations qui leur sont favorables ; nous pouvons être terriblement affligés par ceux à qui nous avons voué un amour excessif. Tandis que nous apprenons par cet exemple, à veiller et prier contre l’indulgence du péché, ou contre la négligence de nos enfants, ne pouvons-nous pas, par cet exemple de David, percevoir une image de l’Amour du Sauveur, qui pleura et pria pour nous ? Il a même souffert, et est mort pour l’humanité, malgré l’état rebelle, mauvais et hostile de cette dernière.


Texte biblique de la Bible Version Segond 21
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Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.

Commentaires de Matthew Henry
Traduction française par Dominique Osché.
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