* L’amour mutuel de Christ et de son église (1-7). L’espérance et la vocation de l’église (8-13). le soin de Christ pour l’église, la foi et l’espérance qu’elle met en Lui. (14-17)
1 Je suis un narcisse du Saron, un lis des vallées.
2 Pareille à un lis au milieu des ronces, telle est mon amie parmi les filles.
3 Pareil à un pommier au milieu des arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J’aime m'asseoir à son ombre, et son fruit est doux à mon goût. 4 Il m'a fait entrer dans la maison du vin, et l’étendard qu’il déploie au-dessus de moi, c'est l'amour.
5 Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins, fortifiez-moi avec des pommes, car je suis malade d'amour! 6 Que sa main gauche soutienne ma tête et que de sa main droite il m’enlace!
7 Je vous en supplie, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour avant qu'elle ne le veuille!
1-7 Les croyants sont beaux, lorsqu’ils sont revêtus de la justice de Christ ; et parfumés, lorsqu’ils reçoivent les grâces de son Esprit ; ils se développent sous les rayons rafraîchissants du Soleil de justice. Le lis est une plante très noble en Orient ; il grandit jusqu’à une hauteur considérable, mais il a une tige qui est faible. L’église est faible en elle-même, et cependant elle est forte dans Celui qui la soutient. Les méchants, les filles de ce monde, qui n’ont pas d’amour pour Christ, sont comme des épines, sans valeur et inutiles, nuisibles et nocifs. Les corruptions sont des épines dans la chair ; mais le lis qui est maintenant parmi les épines sera transplanté dans ce paradis où il n’y a pas de ronce ni d’épine. Le monde est un arbre stérile pour l’âme ; mais Christ est un arbre plein de fruits. Et lorsque de pauvres âmes sont desséchées par des convictions de péché, par les terreurs de la loi, ou les troubles de ce monde, qu’elles sont lasses et lourdement chargées, elles peuvent trouver le repos en Christ. Il ne suffit pas de traverser cette ombre rafraîchissante, nous devons nous y asseoir. Les croyants ont goûté à la grâce du Seigneur Jésus ; ses fruits sont tous les privilèges précieux de la nouvelle alliance, achetés par son sang, et communiqués par son Esprit ; ses promesses sont douces pour un croyant, ainsi que ses préceptes. Ses pardons sont doux, ainsi que la paix de la conscience. Si nos bouches sont hors de portée pour goûter les plaisirs du péché, les consolations divines nous seront douces. Christ conduit l’âme à rechercher et trouver du réconfort au travers de ses ordonnances, qui sont comme une salle de banquet, appelée ici la maison du vin, où ses saints font la fête avec lui. L’amour de Christ, manifesté par sa mort et par sa parole, est la bannière qu’il déploie, et les croyants s’y rallient. Combien il est préférable pour l’âme d’être malade d’amour pour Christ, que d’être rassasiée par l’amour de ce monde ! Et même lorsque Christ peut sembler s’être retiré, il reste cependant une aide très présente. Tous ses saints sont dans sa main, qui soutient tendrement leurs têtes endolories. En découvrant que Christ est si proche d’elle, l’âme porte la plus grande attention à ce que sa communion avec lui ne soit pas interrompue. Nous chagrinons facilement l’Esprit par nos mauvais tempéraments. Que ceux qui ont reçu le réconfort rejettent le péché le plus loin possible.
8 C'est la voix de mon bien-aimé! Le voici qui arrive, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines. 9 Mon bien-aimé est pareil à la gazelle ou au jeune cerf. Le voici: il se tient derrière notre mur, observant par la fenêtre, regardant par le treillis.
10 Mon bien-aimé parle et me dit: «Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens! 11 En effet, l'hiver est passé, la pluie a cessé, elle s'en est allée. 12 Les fleurs apparaissent dans le pays, le temps de chanter est arrivé et l’on entend le roucoulement de la tourterelle dans notre pays. 13 Le figuier embaume par ses fruits et les vignes en fleur répandent leur parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens!
8-13 L’église se complaît dans des pensées de la plus grande communion qui soit avec Christ. Rien d’autre ne peut parler au cœur. Elle le voit qui arrive. Ceci peut être appliqué à la perspective qu’avaient les saints de l’Ancien Testament de la venue de Christ en chair. Il vient comme il lui plaît, avec son propre comportement. Il vient rapidement. Même lorsque Christ semble abandonner, ce n’est que pour un moment ; il reviendra bientôt avec son éternel amour et sa tendresse. Les saints de l’ancien temps l’ont vu, apparaissant au travers des sacrifices et des institutions cérémonielles. Nous le voyons à travers un verre obscurci, comme celui qui se manifeste à travers les treillis. Christ invite le nouveau converti à abandonner la paresse et le découragement, à laisser le péché et les vanités du monde, pour s’unir et communier avec lui. L’hiver peut vouloir dire les années passées dans l’ignorance et le péché, d’une façon stérile et misérable, ou bien les orages et les tempêtes qui ont accompagné sa conviction de culpabilité et de danger. Même les fruits de la sainteté qui ne sont pas encore mûrs sont agréables à Celui dont la grâce les a produits. Tous ces signes encourageants et ces évidences de la faveur divine, sont des motifs pour l’âme de suivre Christ encore plus complètement. Levons-nous alors, et éloignons-nous du monde et de la chair, pour entrer dans la communion avec Christ. Ce changement béni est dû complètement aux approches et aux influences du Soleil de justice.
14 Ma colombe, toi qui te tiens dans les fentes du rocher, qui te caches dans les parois escarpées, fais-moi voir ta figure, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est douce et ta figure est charmante!»
15 Attrapez pour nous les renards, les petits renards qui dévastent les vignes, car nos vignes sont en fleur! 16 Mon bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui. Il conduit son troupeau parmi les lis. 17 Avant que la brise du jour ne souffle et que les ombres ne fuient, tourne-toi! Montre-toi pareil, mon bien-aimé, à la gazelle ou au jeune cerf, sur les montagnes rocailleuses!
14-17 L’église est la colombe de Christ ; elle revient à lui, comme la colombe est revenue à Noé. Christ est le Rocher, le seul dans lequel elle peut penser être en sécurité, et se trouver à l’aise, comme une colombe dans le trou d’un rocher, lorsqu’elle est poursuivie par les oiseaux de proie. Christ appelle l’église à venir sans crainte au trône de la grâce, là où elle a un Souverain Sacrificateur, pour dire ce dont elle a besoin. Parlons librement, sans crainte d’une réprimande ou d’être repoussé. La voix de la prière est douce et acceptable à Dieu ; ceux qui sont sanctifiés ont la plus grande beauté. Les premières manifestations de pensées et de désirs coupables, les premières poursuites de choses insignifiantes qui gaspillent le temps, des visites inutiles, de petits écarts par rapport à la vérité, tout ce qui permettrait d’admettre une certaine conformité avec le monde ; tout cela, et de nombreuses choses encore sont des petits renards qui doivent être éliminés. C’est ici une recommandation aux croyants de mortifier leurs appétits et leurs passions coupables, qui sont comme des petits renards, qui détruisent leurs grâces et leurs consolations, et détruisent leurs bons commencements. Quoi que ce soit que nous trouvions qui nous gêne dans ce qui est bon, nous devons le rejeter. Il fait paître parmi les lis ; ceci est une démonstration de la présence de la grâce de Christ parmi les croyants. Il est tendre pour tout son peuple. Il appartient à son peuple de croire cela, lorsqu’il est poussé à l’abandon et à l’absence, et ainsi d’être détourné des tentations. Les ombres de la dispensation juive ont été chassées par la naissance du jour de l’Évangile. Et un jour de réconfort viendra après une nuit d’abandon. Traversons les montagnes de Bether, « les montagnes qui nous séparent », dans l’attente de ce jour de lumière et d’amour. Christ traversera chaque montagne de séparation pour nous amener dans sa demeure avec lui-même.